La dépendance au jeu vidéo, qu’est-ce que c’est ?

 

La dépendance au jeu vidéo désigne un trouble psychologique caractérisant un besoin irrésistible et obsessionnel de jouer à un jeu vidéo. On parle d’addiction quand le jeu vidéo devient le principal centre d’intérêt, voire l’unique, au détriment des autres activités (relationnelle, artistique, scolaire, sportive…) Cette addiction est particulièrement préoccupante lors de l’adolescence, période importante où jeux et scolarité ne font pas bon ménage.

Les jeux les plus à même d’entraîner une telle dépendance seraient les jeux de rôle en ligne massivement multijoueur, où le joueur évolue dans un monde persistant. Ils ont comme particularités qu’on y joue en réseau – donc avec d’autres joueurs, que l’univers continue à évoluer même lorsqu’on ne joue pas, le but étant simplement de faire progresser et évoluer son personnage dans ces univers virtuels. Cette particularité d’un jeu où l’action continue en votre absence provoque une réelle addiction !



Les différents modes de consommation



  • La consommation régulière: Ici le joueur joue régulièrement, parfois quotidiennement, parfois même plusieurs heures par jour. Mais sans conduite addictive. Il aime jouer et les jeux vidéo sont un de ses passe-temps favoris, comme pourraient l’être la télévision, le sport ou la lecture. Il garde cependant totalement le contrôle sur cette activité, et est capable de s’arrêter rapidement et peut ne pas jouer plusieurs jours d’affilée.


  • La consommation addictive abusive ou excessive: À partir de quand, à partir de combien d’heures de jeu par jour ou par semaine peut on parler d’abus et de consommation excessive ? On ne peut pas répondre en terme quantitatif à cette question. Il n’y a pas de limite nette entre la normalité et l’excès. Tout le monde a droit à des excès, surtout les adolescents et les jeunes adultes qui sont les premiers concernés par les jeux vidéo. Mais passer régulièrement plusieurs heures par jour à jouer, surtout si on le fait seul, est bien sûr inquiétant et certainement excessif. C’est quand il n’y a plus d’échange avec les autres qu’il faut commencer à se poser des questions.


  • La dépendance: désir insistant et persistant de jouer caractérisé par un sentiment de satisfaction afin d’obtenir un plaisir ou afin d’éliminer un malaise. Il n’y a pas de dépendance physique aux jeux vidéo, contrairement à des drogues comme la nicotine ou l’alcool. En effet à l’arrêt de l’activité, il n’y a pas de syndrome de sevrage. Il ne faut pas confondre la dépendance physique et les troubles physiques comme l’amaigrissement qu’on peut retrouver chez un joueur qui joue tellement qu’il en oublie de s’alimenter. On peut donc parler de réelle dépendance aux jeux vidéo, avec apparition d’une dépendance psychique et perturbation de tout le fonctionnement du joueur, au niveau intellectuel, relationnel, affectif, social, scolaire…


Particularité du joueur dépendant




Les études disponibles démontrent que les joueurs sont pleinement conscients du risque représenté par leur activité favorite. Il apparaît que plus de 40 % d’anciens joueurs estiment que leur engouement pour un jeu de rôle en ligne a nui à leur vie sociale et que 50 % reconnaissent qu’ils diminuaient leur temps de sommeil.



2) Critères d’addiction


L’aspect social prédomine dans l’addiction aux jeux : « Beaucoup des joueurs vivent seuls, en jouant ils se sentent appartenir à une communauté et parfois le jeu leur apporte les seuls amis qu’ils aient ».

  • Les symptômes psychologiques :

  • - Sensation de bien être voire d’euphorie devant l’ordinateur
    - Incapacité à stopper l’activité
    - Passer de plus en plus de temps devant l’ordinateur
    - Négliger sa famille ou ses amis
    - Se sentir vide, déprimé, irritable quand on ne se trouve pas devant l’ordinateur
    - Mentir à son travail ou à sa famille sur ses activités
    - Problèmes à l’école ou au travail
    - Augmentation du temps passé à jouer ou à y penser, ou à programmer ses prochaines parties, ou à se remémorer ses anciennes parties
    - Mauvaise humeur, irritabilité lorsqu’on est incapable de jouer
    - Augmentation du temps passé à jouer dans les moments difficiles
    - Tentatives échouées à contrôler son temps de jeu
    - Dissimulation du temps passé à jouer avec ses parents ou amis
    - École buissonnière, devoirs non faits, pour jouer davantage aux jeux vidéo
    - Coucher tardif, repas manqués et diminution du temps passé en famille ou avec ses amis pour jouer davantage


  • Les symptômes physiques :

  • - Douleurs de la main et du poignet - Yeux desséchés - Migraines régulières - Douleurs dorsales et cervicales - Alimentation irrégulière, repas sautés - Difficultés à assurer une hygiène correcte - Trouble du sommeil, changement de cycle du sommeil


3) Test permettant de reconnaître rapidement un enfant accro



- Il joue presque tous les jours ? - Il joue souvent pendant de longues périodes : 3-4 heures - Il joue pour l’excitation qu’il en retire - Il est de mauvaise humeur quand il ne peut pas jouer - Il délaisse les activités sociales et sportives - Il joue au lieu de faire ses devoirs - Les tentatives de diminuer son temps de jeu sont des échecs - En cas de réponse positive à plus de quatre de ces questions, l’enfant joue probablement trop et il existe un problème.



Prévention


La prévention passe par l’information.
La Délégation Interministérielle à la Famille (DIF) a pour mission de mettre en œuvre une politique familiale tenant compte des spécificités de la période de l’adolescence et du soutien à apporter aux parents d’adolescents en passant par :

  • L’information et la formation des parents aux usages et aux pratiques d’Internet
  • L’instauration d’un dialogue parental autour d’Internet
  • Donner les outils d’un contrôle parental adapté
  • La contribution à la sécurisation d’Internet
Au Centre médical Marmottan a été développé depuis le début des années 2000 un accueil spécifique pour les personnes souffrant d’addictions sans drogue. Dans le cadre de cette consultation, l’hôpital reçoit principalement des joueurs d’argent et de hasard ainsi que des cyberdépendants.



Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Dépendance au jeu vidéo, de plusieurs auteurs.